Apprentissage participatif : trois méthodes concrètes!

Dans mon article sur l’apprentissage participatif, je vous vantais cette approche, qui consiste à associer les apprenants en les rendant acteurs d’une formation ou d’un atelier. Aujourd’hui, je vais partager avec vous des méthodes pratiques pour que ce ne soit pas juste de la théorie ; vous serrez ainsi en mesure d’expérimenter concrètement cette méthode.

  1. Brainstorming – synthèse

Oui oui, le brainstorming, encore lui! Un outil inévitable qui a probablement le plus gros ratio simplicité-production, même s’il faut avoir l’art et la manière de l’utiliser pour l’exploiter à sa juste valeur.

Lors d’une formation sur l’environnement ; domaine dont je ne connais que les rudiments, étant un peu écolo sur les bords (j’interdis tout jeu de mots, allusion ou tentative de blague avec Capitaine Planète, ce super héros est nase !), j’ai proposé aux participants de brainstormer sur le thème « éco-responsable ». Une fois le tableau joliment noirci avec une bonne cinquantaine de mots-clés, je leur ai demandé, tous ensembles, d’essayer de regrouper les mots-clés par « familles ». Ils ont fait l’exercice tous seuls ; j’ai dû intervenir une ou deux fois pour donner des astuces afin de les aider à mieux communiquer et à avancer plus vite dans la prise de décision.

J’ai ainsi eu 5 familles :

  • ce qu’est l’écologie ;
  • ce qu’est la responsabilité ;
  • comment être responsable (les gestes écoresponsables) ;
  • les conséquences de la non responsabilité ;
  • les bienfaits des gestes écoresponsables.

Soit, les 5 chapitres de ma formation ; sachant qu’à ce stade-là, je n’en avais identifié que trois qui me semblaient évidents (définitions, actions, bienfaits).

Vous remarquerez que jusqu’à ce moment précis de l’atelier, je n’avais encore RIEN apporté sur le sujet de l’éco-responsabilité (ce qui est normal, puisque je n’y connais pas grande chose), ce sont LES PARTICIPANTS qui ont apporté le contenu, collectivement, de manière participative.

Cette méthode de brainstorming-tri-synthèse est excellente pour un début d’atelier, elle permet de mettre immédiatement tout le monde dans le bain et crée une sorte de pacte entre toi « super animateur » et ton groupe : on va apprendre ensemble. Il est important d’être honnête et de clairement communiquer sur sa démarche, tout en précisant que cette méthode n’est pas là pour « utiliser » les participants, mais bien pour valoriser leurs savoirs et créer un climat où l’on produit ensemble.



  1. Topo express

Tu te-rappelles quand les profs nous faisaient faire des « topo » ? On nous balançait un thème et on avait quelques jours pour faire un document de 8 pages et une présentation ? À mon époque, on n’avait pas internet (si si, chui si vieux que ça) et on était contraints d’aller à la bibliothèque. Mais avec ce fameux internet, on peut maintenant faire un topo en 15 minutes chrono.

Une fois, lors d’un atelier sur la citoyenneté, j’avais à animer un segment sur l’historique ; illustrer comment la notion de citoyenneté a évolué dans le temps… voilà : CHIANT ! Exactement ! Ce que j’ai fait alors, c’est que j’ai identifié les quatre périodes clés de cet exposé (Grèce antique, Moyen Âge, Révolution Française, Epoque contemporaine). Puis, j’ai divisé les participants en quatre sous-groupes avec la consigne suivante : se documenter sur internet, puis répondre à trois questions : qu’est-ce qui caractérise ce moment de l’histoire,  qu’est-ce qu’un citoyen, qu’est-ce qui avait changé à ce moment-là ?

En 30 minutes, chaque groupe avait non seulement fait des recherches, mais aussi mis en débat le sujet entre ses membres, ce qui a ouvert l’appétit pour les discussions qui allaient suivre. Ils ont ensuite présenté les résultats, ce qui en soi, est un exercice oral intéressant à vivre et à observer.

J’ai complété en faisant le lien entre les quatre époques et en remettant le tout dans un contexte plus global d’évolution de l’humanité. Je peux vous assurer que la synthèse que j’avais prévue avant l’atelier et celle que j’ai fini par faire sont complètement différentes! J’ai eu en fait une prise de conscience et une meilleure compréhension du sujet moi-même. Quand je dis « apprentissage collectif », je m’inclue dedans, ne l’oublie jamais !

  1. Délégation d’expertise

En effet, j’aime bien inventer des mots! Donc, ce que j’appelle « délégation d’expertise », c’est le fait tout simple de demander à un participant qui est expert dans un sujet, de vous soutenir dans la co-animation d’un segment. Pour revenir à mon atelier sur l’environnement et la préservation des zones humides, il y avait parmi mes apprenants un étudiant qui faisait un master en environnement.

Je lui avais demandé, assez à l’avance, s’il pourrait faire une petite présentation sur « l’eau » chose qu’il a gracieusement accepté. J’ai bien préparé avec lui l’objet de sa présentation, en étant clair sur ce que j’attendais de lui et je l’ai surtout « caché » pour qu’il fasse une intervention de qualité.

Ainsi, je n’avais pas à communiquer sur un sujet que je ne maîtrisais pas ; un membre du groupe développait une nouvelle compétence et les autres recevaient la meilleure prestation qui soit.

On peut même imaginer un atelier où chaque participant présente une partie ou un module, en fonction de son domaine de prédilection (j’ai testé, ça marche !).

Et je ne cite ici que trois méthodes, car elles couvrent un peu tout le panorama de ce qui peut découler d’un apprentissage participatif.

On peut imaginer ou inventer plein d’autres exercices, activités ou approches pour s’appuyer sur les ressources intellectuelles du groupe avec lequel on travaille.

L’important, c’est d’être confiant sur ses compétences d’animateur et de déployer ses super pouvoirs.

 

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