Dynamique de groupe 4/4 : la maman Pioupiou, pour comprendre le besoin d’appartenance

L’appartenance à un groupe est un besoin fondamentale. Si on se réfère au modèle de la pyramide de Maslow (quoi q’on en pense), on retrouve ce besoin en 3ème position, après la survie et la sécurité.

Appartenir à un groupe, une communauté, une famille, une organisation… est une composante identitaire.

Avec l’exercice « la maman Pioupiou », on amène des participants à prendre conscience de ce besoin, pour mieux aborder ensuite les questions liées au « groupe ».

L’exercice en quelques mots

  • Tous les participants ont les yeux bandés ;
  • Au top, ils se baladent dans la salle, à la recherche de la « maman » ;
  • Chaque fois que deux participants se croisent, ils disent « pioupiou », si on leur répond « pioupiou », ils doivent continuer à chercher ;
  • L’animateur désigne au hasard une personne qui devient « La maman », il lui enlève son bandeau ;
  • Lorsqu’un participant aveuglé croise la maman, il lui dit « pioupiou », cette dernière ne répond pas, il peut alors enlever son bandeau à son tour ;
  • La maman se balade avec tous ceux qui l’ont trouvée, en flopée ;
  • L’exercice se termine lorsque tout le monde a trouvé la maman Pioupiou et ses petits.

Plus de détails sur la mise en oeuvre de cet exercice sont dans la fiche pratique, disponible dans la section « Outils » du site.

L’appartenance, un besoin fondamental

La maman Pioupiou et ses petits « clairvoyants » représentent un « groupe ». Les autres poussin qui tournent à l’aveugle sont toutes ces personnes en quête d’appartenance.

Ils trainent, sans destination précise, à la recherche de ce « quelque chose » qui va donner un sens à leur vie.

Être aveuglé renvoie à toutes ces frayeurs et ses inquiétudes d’être seul, isolé, solitaire. Plus on avance, plus on s’inquiète de rester les yeux fermés. Trouver le maman Pioupiou se ressent alors comme un besoin.

Qu’est-ce qu’un groupe au final ?

À travers cet exercice, on comprend qu’un groupe est un ensemble d’individus partageant une « vision ».

En effet, ce qui différencie le groupe « Pioupiou » du reste des participants, c’est que ces derniers « voient« . Ils ne sont plus dans le noir, ils voient le monde autour d’eux, regardent leurs collègues se débattre pour trouver la lumière.

Les groupes sont très divers et variés dans la vie, mais tous, nous donnent ce même sentiment de partager quelque chose au-delà de nous-même : une cause (association), une mission (entreprise), des valeurs (amis), un projet sociétal (parti politique), une passion (troupe, chorale…)… etc.

Les groupes, c’est aussi la famille, le quartier, le pays, la communauté religieuse…

Pourquoi ce besoin ?

On revient encore une fois au modèle de Maslow. L’être humain, on ne le répétera jamais assez, est un animal social ; une fois qu’il a un toit et qu’il mange à sa faim, il a envie de co-créer , de rejoindre un groupe de personnes et d’interagir avec eux.

Il y a un moment particulier dans l’exercice qui requiert l’agilité au formateur pour être identifié et exploité dans le débriefe.

Lorsqu’il ne reste que 2 ou 3 personnes avec les yeux bandés, ils auront un comportement différent du début de l’exercice. Pour faire simple : ils seront en panique.

En effet, c’est très amusant de se balader les yeux fermés et de crier Pioupiou, mais lorsque soudainement, le bruit s’estompe et qu’on se rend compte « je suis le dernier !? », l’exercice devient moins drôle. La personne va vouloir trouver très vite la maman Pioupiou.

Elle est d’autant plus désemparée qu’elle sait que la maman Pioupiou et ses petits sont « un gros tas » qui ne devrait pas être si dur à trouver… pourquoi ce silence !?

On ressent alors clairement cette « peur » primitive du « rester seul » et ce besoin de trouver vite les siens pour pouvoir « voir à nouveau ».

L’instinct protecteur

Dans l’exercice de la maman Pioupiou, il se passe souvent un phénomène, en apparence étrange, mais complètement explicable.

Régulièrement, les personnes qui rejoignent la maman Pioupiou, font par la suite en sorte, que les autres aveuglés ne puissent pas la trouver. Ils « s’amusent » à esquiver les aveuglés, ou à détourner la maman Pioupiou de leur chemin.

Pourquoi ?

Pourquoi est-ce qu’en une fraction de seconde, on oublie toute la peine qu’on a ressentie à être seul dans le noir, au point de vouloir y laisser d’autres ?

C’est l’instinct protecteur. L’être humain cherche constamment à « sécuriser ». J’ai un salaire ? je dois le sécuriser. J’ai une maison ? Je dois m’assurer de la garder à vie… je fais partie d’un groupe ? je dois le protéger des envahisseurs externes.

C’est pour cela que, plus une communauté est soudée, plus elle devient imperméable aux nouveaux arrivants. il faut faire du coude pour pouvoir y trouver sa place.

Mais la maman Pioupiou, c’est qui au fait ?

On peut pousser l’exercice et son débriefe un peu plus loin : que représente cette « maman » ? Dans l’absolu, c’est un concept virtuel. Elle représente le cœur du groupe, sa raison d’exister.

On a parlé de cause, de mission, de valeurs… etc.

Mais elle a souvent une émulation physique : le leader. La maman Pioupiou, c’est la première personne qui a eu l’idée de fonder un groupe autour d’une croyance forte.

Un leader

C’est le fondateur de l’entreprise, le créateur d’un mouvement ; ce pote charismatique qui a fédéré la bande autour de lui ; la parolière qui a créé le groupe de rock ; ce gourou qui a conçu une religion… etc.

Il s’agit de quelqu’un qui a une vision et qui est capable de la transmettre. Dans un monde qui est à la fois confus (on ne peut pas voir) et plein de bruit (tout le monde crie « pioupiou »), cette personne agit comme un phare au milieu de la nuit, une lumière au bout du tunnel. Et on s’y accroche.

On débriefe ?

Ce que l’on retient :

  • L’appartenance à un groupe est un besoin fondamental car l’être humain a peur d’être seul ou isolé ;
  • On est tous constamment à la recherche d’un « groupe » pour nous y sentir en sécurité ;
  • Le groupe nous apporte une vision commune, une « destination »;
  • Cette vision peut être initialement portée par une seule personne, qu’on appellera « le leader »;
  • Une fois dans le groupe, les personnes ont tendance à vouloir le protéger et donc limiter l’accès aux autres.

Ce que l’on conclue :

La maman Pioupiou est un exercice très amusant. Les participants vont trouver drôle ce brouhaha où tout le monde crie « Pioupiou » en se baladant les yeux fermés. Ils trouveront moins drôle ce moment où ils seront les 2 ou 3 derniers à chercher.

Il faudra ensuite bien débriefer pour expliquer que l’appartenance est un besoin fondamental, et que le groupe se fond autour d’une vision commune, souvent portée par un leader.

Bien animé, cet exercice agit simultanément comme une agréable expérience et comme un support pour aborder des sujets de fonds sur l’appartenance et des notions générales sur la dynamique de groupes.

Leave a Reply

Your email address will not be published.