Trois astuces pour réussir sa co-animation

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Par choix ou par contrainte, un animateur passe inévitablement par la case de la co-animation

Le super animateur est une créature plutôt solitaire. C’est paradoxal. Il ou elle travaille avec des groupes, aime communiquer et faire participer. Mais dans le fonds, il ou elle préfère être seul maître à bord.

C’est pour celà que pour beaucoup d’animateurs/formateurs, la co-animation est une épreuve pénible.

La co-animation, c’est quoi ?

C’est le fait d’animer à deux, voir à plusieurs.

Co-animer, c’est animer ensemble, collaborer et co-créer.

D’un point de vue plus « terre-à-terre », c’est le fait de gérer une animation à plusieurs ; le cas le plus répandu est le « binôme », notamment dans la formation.

Suis-je obligé ?

Je vois les perfectionniste solitaire s’exciter… bien sûr que non ! Personne ne t’oblige à partager les joies de l’animation avec une autre personne.

MAIS…

Il est possible que tu le fasses. Ça peut être par obligation, avec un organisme qui t’impose de travailler avec un autre animateur ou alors par choix, lorsque tu acceptes un partenariat avec un autre animateur.

Quoiqu’il en soit, tôt ou tard, un animateur croise le chemin inévitable de la co-animation.

Quel intérêt ?

La co-animation a ses nombreux bienfaits.

C’est un challenge en soi, pour sortir de sa zone de confort et expérimenter.

Elle offre une excellente opportunité d’apprentissage, puisqu’on croise ses connaissances et compétences avec une autre personne.

Seul on va vite, ensemble on va plus loin. Je ne vais pas m’étaler à te démontrer les bienfaits de l’union.

Pour faire simple, à deux (ou plus), on offre une meilleure prestation, en répartissant les efforts.

Le blog « Inspirer/Expliquer » vante, mieux que moi, les mérites de la co-animation.

Bon, elles viennent les trois astuces ?

Oui ça vient, mais d’abord, laisse moi t’expliquer les risques liés à la co-animation.

La première fois que j’ai « co-animé », je suis resté sur une chaise pendant 3 heures à observer mon « co-animateur » faire du one man show.

J’étais jeune et inexpérimenté. J’ai donc été mis sur le côté et suis devenu pratiquement un participant.

C’est pas pire que cette autre fois, où c’est moi qui ai mis sur la touche une jeune co-animatrice. On n’avait pas eu le temps de préparer, je n’avais donc aucune confiance dans ce qu’elle comptait faire et j’ai préféré mener la barque.

Et bien sûr, j’ai eu mon lot de « conflits ». Des formations qui se terminent avec des débriefing grinçants. Je reproche à mon co-animateur d’avoir changé l’exercice sans me consulter, il me reproche d’être « trop dans l’humour » et de ne pas prendre en compte le niveau des participants.

Tu l’auras compris, la co-animation est riche en apprentissage, mais souvent à tes dépends.

Voici donc, trois astuces/outils pour mieux s’aventurer sur le terrain du lâcher-prise :

Astuce #1 : aie au moins deux séances de travail préparatoires

Ça a l’air bateau comme conseil, mais c’est extrêmement important. Ton co-animateur et toi devriez avoir au minimum, deux séances de préparation.

Attention ! Je ne parle pas forcément de deux réunions de trois heures. Une séance de préparation peut très bien durer 15 minutes.

Lors de la première séance de travail, vous devriez vous accorder sur « le fonds ». Prenez le temps de vous présenter l’un à l’autre. Ou si vous vous connaissez déjà, présentez l’animateur/formateur que vous êtes.

À ce stade, ne parlez pas trop « méthodo », axez plutôt la discussion sur vos principes, vos démarches, les éléments importants à vos yeux en tant qu’animateur.

Par exemple, c’est ici l’occasion rêvée d’annoncer à ton co-animateur que tu es « bavard », ou « un maniaque de l’organisation » ou « un improvisateur né ». Chacun de vous devra savoir qui est l’autre, pour qu’il sache à quoi s’attendre.

Vous pourriez déjà, à ce stade, discuter de l’objet de votre animation et de vos visions respectives dessus.

Lors de la seconde séance de travail, il faudra s’orienter vers « la forme » et donc voir ensemble le programme et qui fait quoi. Ce qui me ramène à mon deuxième conseil :

Astuce #2 : Superhéro / Sidekick

Qui est l’acteur principal ? Qui aura l’oscar du meilleur second rôle ?

Un dicton algérien dit « un navire avec plusieurs capitaines coule ». Bien qu’on puisse très bien « co-gérer » une activité, il reste quand-même important d’identifier un « leader » pour mener la danse.

Mais là où le monde de l’animation est magique, c’est que ce leader peut très bien être une personne morale, composée des deux animateurs. Ils/elles se passent alors la balle avec harmonie. À chaque fois que l’un d’eux « prend le lead », l’autre se positionne en suppléant.

Définissez clairement dès le départ qui dirige les activités et qui est là en soutien. Ou alors, en fonction des séquences, qui gère quoi et à quel moment.

Une bonne co-animation est un véritable spectacle de patinage artistique en duo.

Astuce #3 : identifiez vos complémentarités

Il est assez rare que deux co-animateurs soient à 50/50 en terme de compétences et de personnalité. Si tu as envie de « collaborer » avec quelqu’un, c’est que vous souhaitez être plus forts, à deux.

Donc, vous compléter.

Identifie dès le départ qu’est-ce qui te différencie de ton co-animateur. Qu’est-ce qu’il apporte que tu n’as pas, et vice-versa.

Voici quelques binômes célèbres construits sur leurs complémentarités :

Le binôme good cop / bad cop (bon flic/méchant flic) : l’un est autoritaire et porté sur la discipline et le respect du temps et des règles. L’autre est plutôt bon vivant, flexible et indulgent, plus sociable. Avec un tel binôme assumé, c’est bonne ambiance garantie, dans un cadre de travail productif.

Le pro de l’animation / l’expert : l’un a des connaissances, mais ne sait pas les transmettre, l’autre est donc là pour le faire.

Un animateur directif / un co-animateur participatif : l’un donne des instructions claires et insiste sur les résultats, l’autre s’intègres avec le groupe et se concentre davantage sur « le process ». Le premier pourra donc gérer le déroulé de l’activité et le second sera plus présent dans les sous-groupes.

Monsieur-madame méthodo et son-sa collègue l’impro : alors que le premier accorde une importance capitale au respect du programme et au fait de suivre le fil conducteur, le second s’amuse à innover, proposer des modifications, s’adapter aux participant-es. Ça sonne comme une recette de désastre, mais c’est l’un des meilleurs binôme qui soit. (S’ils ont bien eu leurs deux séances de préparation et qu’ils ont clairement identifié qui dirige).

Ose la co-animation !

Si tu prends le temps de bien connaître ton co-animateur, que vous identifiez clairement les forces et faiblesses de chacun et que vous préparez assez à l’avance, vous ouvrez la voie à la réussite de votre prestation.

La co-animation est un univers à part dans le monde de l’animation, de la formation et du management.

Dans de futurs articles, j’irais plus dans les détails sur les différents mécanismes de cette pratique. D’ici là, si tu ne l’as jamais fait, ouvre toi à l’idée de tenter l’aventure.

Si tu es déjà un habitué de la co-animation, dis-moi si tu as l’habitude d’implémenter les conseils que je partage ici.

Entre-temps, tu peux toujours continuer à te renforcer en tant qu’animateur… pardon, en tant que SUPER ANIMATEUR !

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2 Comments

  • Hanaé Répondre

    Hello super animateur !
    Comme tu le sais, je pratique souvent la coanimation et j’adore ça.
    Et oui, je suis tout à fait d’accord avec toi : un seul mot d’ordre PRE-PA-RER !
    Dans le cadre de cette préparation qui, comme tu le soulignes, n’est pas forcément longue, la clé est pour moi la définition des objectifs (comme toujours en formation finalement) : c’est un bon point de départ pour pouvoir ensuite se répartir les rôles.
    J’ai hâte de lire la suite des épisodes 🙂

  • christelle Répondre

    Bonjour Sam
    je vais coanimer une formation avec une jeune femme, j’essaie de lui mâcher le travail en lui préparant les liens hyper-texte, un clic et hop c’est parti, mais c’est moi qui le fait est ce que c’est vraiment judicieux ou faudrait-il que je lui donne le thème et qu’elle monte sa séance ?
    j’avoue que je suis un peu perdue et surtout je ne veux pas la mettre en porte à faux !!!

    Très compliqué comme exercice 🙂

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