En fait… il sert à quoi un animateur ?

Depuis le lancement de ce blog, on n’arrête pas de parler « animateur ». Cette personne géniale qui a des supers pouvoirs et qui peut faire ceci et cela. On a proposé plusieurs fiches pratiques pour que les animateurs et les formateurs aient encore plus d’outils. On a expliqué les différents domaines où un animateur peut intervenir : formation, entreprise, école, management…
Mais est-ce qu’on s’est posé la question très simple : il sert à quoi ?
J’ai récemment partagé avec toi une fiche pratique qui utilise le jeu « Les loups-garous de Thiercelieux » afin d’enseigner ça : l’importance et le rôle de l’animateur.
Sans animateur, c’est le chaos. Avec trop d’animateur, c’est la rigidité et l’ennui. Un animateur bien dosé crée de la magie.
On a beaucoup parlé des « Supers Pouvoirs », et avec les grands pouvoirs, viennent les grandes responsabilités. Parlons donc un peu de la base.
Parlons des fonctions de l’animateur.

Déclencher

Imagine que tu es dans une salle, avec une dizaine d’autres personnes. Vous attendez le début de quelque chose : une réunion, une formation, une projection débat. Il y a une personne en face, elle vous regarde…
Tu la regardes, elle te regarde, tu la regardes, elle te regarde…
Si cette personne ne dit pas « bonjour et bienvenue », il ne se passera rien.
L’animateur impulse ! C’est lui qui donne le top départ. S’il ne prend pas l’initiative de déclencher les opérations, l’activité n’aura pas lieu…

Cadrer

Une fois qu’il a ouvert les hostilités (un peu de négativisme dans un monde de bisounours), sa seconde mission est de « poser le cadre ».
Autrement dit, s’assurer que toute personne présente sache pourquoi elle est là et ce qu’on compte faire.
Car OUI, il arrive que des gens soient dans une réunion sans trop savoir pourquoi ils y sont. Oui, je te regarde toi, réunion-phobe qui publie régulièrement sur Facebook « I survived another meeting that could’ve been an email »
L’animateur a donc pour mission de préciser l’objet de la rencontre, ce qu’elle va produire et comment on va plus ou moins y arriver (ordre du jour, programme… )

Guider

C’est bon ? Tout le monde sait pourquoi on est là ? Personne ne s’est trompé de salle ?
Il faut… commencer ! Oui, mais quoi ? Suivons le programme !
Ce programme, c’est l’animateur qui le propose. Il imagine un scénario (on parle littéralement de scénario d’animation) et le met à disposition des participants, qui deviennent acteurs.
Il pioche dans sa palette à outils pour proposer différents exercices et activités, qui vont mener d’un point A, vers un point B, vers un point C, jusqu’à arriver à bon port, ce fameux moment où on a « obtenu le résultat de la rencontre ».

Outiller

Pour traverser ensemble les méandres inconnus d’une formation ou d’une réunion, nous avons besoin d’avoir recours à des outils. On a besoin d’une embarcation, de machettes pour couper l’herbe folle…etc.
C’est là, l’ensemble des méthodes que l’animateur va déployer pour qu’on puisse y arriver.
L’animateur a cette capacité unique de transformer les autres en acteurs. Il ne va pas « faire » pour eux, il va les « faire faire ».
Par exemple, lorsqu’un animateur dit « je vais vous répartir en trois sous-groupes et chaque sous-groupe va répondre à deux questions », l’animateur utilise des outils « les travaux de groupes » et « le questionnaire » pour faire avancer ses participants dans le chemin tracé. Ils deviennent capables de produire « des réponses » parce qu’ils ont des questions et une méthodologie de travail.

Gérer

Mais tout serait parfait si on pouvait s’arrêter là. Le monde n’est hélas pas si « sunshine and rainbow »
Le monde est empli de choses qu’on appelle : les humeurs.
Celui-ci est démotivé, l’autre est bavard, untel est blasé, son voisin est loufoque, la fille derrière est négativiste… Elle n’est pas belle la vie ? Vive la nature humaine !
Et c’est le rôle de l’animateur de faire en sorte que, tiens-toi bien, chacun puisse s’exprimer, en étant à l’aise ET SANS avoir à changer de personnalité.
WAW !
En effet, dans des discussions et des échanges, c’est le rôle de l’animateur de faire en sorte que les personnes puissent exprimer ENTIEREMENT leurs prises de position, sans que leurs personnalités ou attitudes n’aient un impact sur le déroulement fluide du débat.
Si tu as téléchargé la fiche pratique « Loups-garous de Thiercelieux », j’y explique comment, dans une partie « sans animateur », les bavards et les colériques l’emportent tandis que les sages et les réservés se mettent en retrait. L’animateur rééquilibre tout ça, en posant des règles et en proposant des méthodes qui structurent la prise de parole (temps limite, tour de table, bâton témoin…)

Synthétiser

Le Saint Graal de l’animateur, c’est la capacité à démontrer au groupe qu’il a atteint ses objectifs. Ceci passe par une faculté de synthèse et de conclusion. Il doit reformuler les propos des uns et des autres, combiner les idées qui se rejoignent, hiérarchiser les points importants, puis présenter le résultat final sous une forme comprise et validée de tous.
L’esprit de synthèse est l’une des compétences clés que tout animateur doit développer très vite. C’est la cerise sur le gâteau, la « final touch », la signature.

Tout ça ?

Oui, on attend d’un animateur qu’il fasse tout ça. Et comme je l’ai dit, il ne s’agit pas ici de « supers pouvoirs » mais de compétences de base. À ce stade, l’animateur est encore Clark Kent.
Passe en revue toutes les fois où tu as assisté à une activité « mal animée » et tu vas te rendre compte que l’une ou plusieurs de ces fonctions a fait défaut.
La réunion traînait en longueur ? L’animateur n’avait pas d’objectif clair.
La formation était ennuyeuse ? Il n’a pas donné des outils aux participants.
La rencontre s’est terminée en queue de poisson ? La synthèse n’a pas été convenablement faite.
Bref, toute activité où des gens interagissent, discutent et débattent en vue de produire quelque chose nécessite un animateur capable de la lancer, de la cadrer, de la structurer, de la gérer et de la conclure.

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