Tu es un bavard ? voici mon antidote !

En tant qu’animateur, tu dois parler, forcément! Beaucoup parler, voire énormément parler, pour expliquer, présenter, réexpliquer…etc. Mais entre « beaucoup parler pour bien communiquer » et « être juste bavard » on pourrait penser, à tort, qu’il existe une infime frontière. Pourtant cette dernière est bien distincte, alors arrêtons de nous voiler la face!  Si tu es bavard, je pense que tu en as déjà conscience.

C’est plutôt une bonne chose que de reconnaître sa maladie, c’est bien là, la première étape de la guérison. Oui, oui! C’est bien ce que je dis « maladie »; pour moi, le « bavardisme » (je sais qu’on dit bavardage, mais ici on invente des mots; c’est maintenant que ça te dérange ? Trêve de bavardage! ) est l’une des plus graves maladies dont peut souffrir un animateur.

         Vite, le DIAGNOSTIQUE!!!

Souffres-tu des symptômes suivants ? :

  1. Tu finis rarement tes animations dans les temps, surtout en formation et en réunion. Fréquemment, au moment où tu es en train de parler, d’expliquer, de conclure, tu te retrouves à court de temps, autrement dit « à la bourre! »
  2. Très souvent, pendant que tu parles, les gens regardent leurs téléphones, leurs montres ou affichent des expressions faciales statiques, un peu comme s’ils dormaient intérieurement; d’ailleurs, parfois ils font carrément la sieste pour de vrai!
  3. Lorsque tu ramasses les fiches d’évaluation, tu trouves souvent des critiques du genre « plus d’échanges », « un peu plus de participation », « on aimerait s’exprimer davantage »…etc.
  4. Tu parles parfois jusqu’à ne plus pouvoir respirer ou au point de sentir ta gorge sèche, ce qui t’oblige à faire une pause pour prendre une gorgée d’eau, avant de reprendre ton monologue sur « les joies de la communication dans les deux sens »
  5. Régulièrement, lorsque tu finis une présentation, les gens ne trouvent rien à dire, ils n’ont pas de questions à poser, pas de commentaires à faire. C’était complet, parfait, entier!
  6. Les gens te disent : « tu es bavard ! »

C’est grave docteur?!!

Ce sont là, les signes qui démontrent que tu souffres de bavardisme, désolé… NON ! #gifle# Arrête d’être dans le déni!!! OUI, TU ES BAVARD ! On l’est tous un peu; les animateurs ont la fâcheuse manie de bien aimer s’écouter.

Il ne faut pas le prendre au sens péjoratif du terme. Il est tout à fait normal en tant qu’animateur, d’avoir à beaucoup dire, c’est juste une question de comment trouver le « juste-milieu ». Rappelons qu’ici, on ne cherche pas à être juste de « bons animateurs », mais de « supers animateurs » et un Super Animateur cherche avant tout à « faire parler les autres ». Son rôle n’est pas de donner la leçon, mais d’amener le groupe à sa déduction. Son rôle n’est pas de prendre une décision, mais d’amener son équipe à décider. Pour ce faire, ça doit passer par une répartition équitable du temps de parole; à commencer par soi, parce qu’un Super Animateur est d’abord et avant tout exemplaire.

Ok docteur, j’avoue: JE SUIS UN BAVARD! Je ne suis plus dans le déni. Que faire ? Comment cesser d’être cet animateur soporifique qui prend 60% du temps pour lui ?

J’ai une trithérapie à te proposer :

  1. Fixe-toi un objectif d’amélioration : dans mon article sur l’auto-évaluation, je t’ai expliqué comment on pouvait identifier un aspect de notre personnalité d’animateur et comment travailler pour l’améliorer constamment. Adopte cette méthode en mettant plein focus sur « être moins bavard »
  2. Chronomètre-toi : si si! Le retour du bon vieux chronomètre dont je parle souvent. C’est une méthode de pleine conscience qui permet de se rendre compte du temps réel qu’on occupe. Garde à portée de main ton téléphone (en mode avion !!!) ou alors un chronomètre classique (électronique ou analogique) et à chaque fois que tu prends la parole, active-le (discrètement, pas la peine que toute la planète sache que tu es un bavard chronique en pleine auto-médication). Continue ainsi à l’enclencher dès que tu parles et à l’arrêter quand tu cèdes la parole à une autre personne ou que tu lances une activité. À la fin, analyse la proportion de ton temps de parole par rapport au temps global de l’activité, puis fixe-toi comme objectif de réduire cette proportion à son seuil le plus minimal.
  3. Fixe-toi un quota : une fois que les méthodes 1 et 2 ont commencé à donner des fruits, tu seras en mesure de connaître ton « quota », c’est-à-dire connaitre le temps exact dont tu as besoin pour donner l’essentiel et jouer ton rôle, sans occuper tout l’espace. À ce moment là, tu passeras du chronomètre au compte-à-rebours. Si par exemple tu réalises que, pour un atelier de 3 heures, tu as besoin d’un temps de parole de 30 minutes,  alors tu régleras ton compte-à-rebours sur 30 minutes et tu le déclencheras à chaque fois que tu prendras la parole. Comme ça, tu sauras au fur et à mesure combien il te reste de ton « budget temps de parole »

Euh… désolé docteur, c’est bien beau ce que vous proposez mais j’ai pas non plus envie d’en faire une obsession. Je suis animateur, pas entraîneur de coureurs de sprint! J’ai envie de me concentrer sur mes ateliers, sur mes participants…, pas sur un compteur qui me stresse toutes les 5 minutes. C’est pas une vie ça!

#gifle# Arrête d’être dans le déni ! Veux-tu guérir, oui ou non ?

Bon, si j’étais un vrai médecin; je tiens quand même à rassurer mes lecteurs; je ne serais jamais le genre de médecin qui gifle ses patients. Ceci dit, j’aime bien donner des gifles virtuelles; des « wake up calls » comme on les appelle, mais j’aime bien aussi être rassurant, donc :

  1. Ces méthodes sont temporaires, elles te permettent d’être dans la « pleine conscience », autrement dit d’être dans l’observation d’un paramètre que tu juges important (ici le bavardisme); tu les mettras en application le temps qu’il faut pour amorcer un changement en attendant de ne plus en avoir besoin.
  2. Un Super Animateur est quelqu’un qui est prêt à faire les efforts de développement personnel nécessaires pour se propulser vers l’excellence; il veut se perfectionner pour être au top de sa performance afin de livrer la meilleure prestation possible aux groupes avec qui il travaille. Puise ta motivation dans ça, pour te rappeler que tu ne le fais pas juste pour « t’embêter ».

J’ai vu, tout au long de ma carrière, beaucoup d’animateurs ( formateurs, éducateurs sociaux…) tomber dans l’anonymat alors qu’ils avaient de grandes compétences et une bonne maîtrise de leurs domaines. Pourquoi ? Parce qu’on faisait de moins en moins appel à eux! Les participants (surtout si c’est des jeunes) disaient souvent « il est bien, mais qu’est-ce qu’il est bavard » ou encore « on apprend beaucoup avec elle, mais elle ne va pas au bout des choses car elle ne finit jamais son programme; elle va trop dans des délires hors-sujet… ». Ce genre de feedback, fait qu’on préférera toujours faire appel à une autre compétence, plus équilibrée; qui réunit tous les critères et qui répond aux attentes des différents publics cibles.

Et si tu veux tout savoir, je me suis moi-même auto-diagnostiqué « bavard ». J’ai dû faire ce travail avec le chronomètre et tout, surtout lors des réunions avec mes équipes. Je pensais que ça allait me prendre beaucoup de temps pour inverser la tendance, mais en fait, dès que j’ai eu la prise de conscience et que j’ai commencé à identifier les « mécanismes » qui provoquent des logorrhées soporifiques, c’était bon ! J’ai développé un réflexe pour me dire « stop » à moi-même dès que je sentais que je glissais vers ça et depuis, je n’ai plus besoin de chronomètre ou de compte-à-rebours; c’est devenu une habitude intégrée et naturelle.

Si comme moi, tu veux devenir Super Animateur, n’hésite pas à  télécharger mon eBook gratuit qui décrit très bien les 10 Super-Pouvoirs pour te propulser vers l’accomplissement.

Paradoxalement, je trouve que sur ce coup-là, j’ai été plutôt bavard, alors TRÊVE DE BAVARDISME!!!

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