Trois questions à se poser avant de fixer un objectif (de formation)

Un super animateur sait où il va ; il a un objectif clairement défini.

C’est ce qui fait toute la différence entre l’animation classique, guidée par « un fil rouge » ou « un plan » et l’animation moderne, innovante, créative et participative.

Régulièrement, des personnes viennent me voir avec cette question : « Je dois animer un atelier sur tel sujet, est-ce que tu as un plan ou un programme à me proposer ? »

Ma réponse, comme toutes mes réponses d’ailleurs, est une question : « Quel est ton objectif ? »

Par cette question, je ne cherche pas la réponse « Je veux bien animer » ou une banalité du genre. J’essaie d’amener les jeunes formateurs à réellement se poser la question. En animant l’atelier en question, qu’est-ce qu’ils souhaitent accomplir ?

C’est pas pour rien que « La boussole interne » fait partie des supers pouvoirs du Super Animateur.

La bonne question

Pour commencer, il faudra donc être capable d’identifier l’objectif de l’atelier. Il pourra ensuite être décliné en plusieurs versions (une version pour l’animateur, pour le client, pour les apprenants, pour le grand public…), mais le coeur restera le même.

Cet objectif aura le rôle d’une boussole, il te permettra de te repérer en tout temps et en tout lieux, à toutes les étapes de ta prestation :

  • Pendant la préparation du programme et le choix des exercices ;
  • Dans la façon de présenter ta proposition ;
  • Sur la nature de l’interaction et celle de la relation que tu vas avoir avec les apprenants ;
  • Tout au long de la conduite de la formation ;-
  • En aval, pour évaluer l’atelier et ses résultats.

C’est la première chose que je fais lorsqu’on me demande d’animer une formation ou un atelier : je me fixe un objectif.

Et les autres questions ?

En effet, pour formuler un objectif qui soit à la fois clair, concis et complet, il faudrait d’abord se poser les questions suivantes :

  1. Qu’est-ce que je souhaite changer chez les participants ?

Une formation, c’est une transformation.

C’est une machine magique qui rend les personnes différentes, meilleures. Il y a pour eux un avant et un après.

Une formation sur « Communication non violente » n’a pas pour objectif de « donner des outils pour mieux communiquer ». Elle a pour objectifs  « d’améliorer la communication des participants pour qu’elle soit plus pacifique ».

On ne cherche pas juste à « inculquer du savoir » mais à « changer des pratiques, des comportements ».

Donc la première question à se poser est toujours : quelle est la situation de départ de mes participants et quelle est la situation finale souhaitée grâce à mon atelier ?

D’ailleurs, une fois que l’on a la réponse à cette question, il suffit de poser la question « comment réaliser cette transformation » pour avoir le programme.

2. Quelle partie de moi ai-je envie de partager ?

La formation est une forme de don de soi. On a passé des années à cumuler du savoir et maintenant, on va le transmettre, en faire don, l’offrir à d’autres.

Ceci ne marche que si je suis prêt, en tant qu’animateur, à faire preuve de générosité et de « donner tout ce que j’ai ». Mais ce « tout » est en général assez vaste ; il faudra donc identifier, dans ma grande mallette de savoirs, ce que j’ai envie de partager à profusion.

Il est important de délimiter le champs des connaissances, outils et pratiques que l’on a envie de transmettre ; ça donne du sens et de la cohérence au propos.

Aussi, il est important d’identifier le « type » de savoir que l’on a envie de transmettre:

  • Est-ce qu’on veut donner des outils et des techniques immédiatement applicables ?
  • Ou plutôt partager notre expérience et inspirer ?
  • Est-ce qu’on veut donner un maximum de connaissances théoriques ?

Encore une fois, cette question sera fortement reliée à la précédente, car elle dépend du type de transformation qu’on veut offrir à nos apprenants.

3. De combien de temps est-ce que je dispose ?

On peut former à « la communication non violente » en 3 heures, comme on peut le faire en deux semaines. Les objectifs ne seront jamais les mêmes.

Si le temps est limité par des acteurs externes, il faut en prendre compte et donc se fixer un objectif cohérent avec le temps donné. Plus le temps est court, plus on ira vers des objectifs de type « initier », « introduire »…

Si au contraire on est larges, alors on va opter pour « approfondir », « apprendre un métier »…

Beaucoup de jeunes formateurs, avides de partage, ont cette fâcheuse tendance de vouloir « tout mettre » peu importe la durée.

Ceci n’est pas productif. Je préfère choisir un sujet spécifique et donner « une clé pratique » en une demi journée, plutôt que 4 ou 5 moitiés de clés inutilisables.

Formuler son objectif

Une fois que tu t’es posé ces trois questions :

  • Que sera la transformation offerte aux participant-es ?
  • Quelle partie de moi ai-je envie de partager ?
  • De combien de temps est-ce que je dispose ?

Tu peux formuler ton objectif en une seule phrase, même si elle risque d’être longue. Voici deux exemples d’objectifs pour la même thématique :

  • Initier les salariés de l’entreprise X aux notions de communication non violente, notamment au modèle « Message Je » ;
  • Améliorer la communication interne au sein de l’entreprise X pour qu’elle soit basée sur l’écoute, le respect et la confiance.

C’est le même soft de formation, mais le premier objectif correspond à un atelier d’une demi journée où je combinerai un peu de théorie avec des jeux de rôles et des mises en situation.

Le second est un stage bloqué d’une semaine où on va aller en profondeur sur tout ce qui a trait à la communication, en s’inspirant directement du vécu des employés, puis en les accompagnant à formuler et à adopter une charte.

Se servir de son objectif

Une fois que ton objectif est clairement formulé, tu pourras l’utiliser pour construire le programme, dialoguer avec différents interlocuteurs… mais surtout, il te servira à toi pour faire des choix stratégiques.

Dans un futur article, je t’expliquerai en détails comment se servir de ton objectif dans les différentes étapes de la formation (avant, pendant et après).

Si tu as apprécié cet article, n’hésite pas à le partager avec des personnes à qui il pourrait être utile. Et profites-en pour télécharger mon eBook gratuit sur les 10 Supers Pouvoirs du Super Animateur. C’est un manuel en 10 chapitres, bourré de conseils et d’astuces pratiques à destination de tout jeune animateur ou formateur qui veut développer ses compétences rapidement.

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