La guerre des chaises : communication, conflits, collaboration ! [Fiche pratique]

20 participant(es), 30 minutes, 5 chaises : que la guerre commence !

L’un des meilleurs exercices jamais inventés pour illustrer les origines du conflit, l’importance de la communication et les enjeux de la collaboration.

Mesdames et messieurs, j’ai le plaisir de vous présenter : La guerre des chaises!

Comme toujours, vous pouvez télécharger cette fiche sous format Pdf

Accessoires et équipements nécessaires

  • Porte-badges ;
  • Post-it de 4 couleurs différentes ;
  • 3 à 5 chaises ;
  • Une feuille flipchart et un feutre (ou un tableau blanc) ;
  • Des feuilles blanches ;
  • 5 enveloppes contenant chacune une mission :
    • Mission 1 : Protéger les chaises
    • Mission 2 : Être assis sur les chaises
    • Mission 3 : Déplacer les chaises vers la zone 2
    • Mission 4 : Placer une feuille sous chaque chaise
    • Mission 5 : Observer

Installation

On répartit les participants en 5 équipes (si le nombre ne permet pas d’avoir un nombre équitable dans toutes les équipes, attribue les missions 4 et 5 aux équipes ayant le moins de personnes).

Voici la répartition selon le nombre de joueurs :

12 : 4 groupes de trois personnes (donc trois chaises) (pas d’observateurs)

20 : 5 groupes de quatre personnes (donc quatre chaises)

25 : 5 groupes de cinq personnes (donc cinq chaises)

Attribuer aux membres d’une même équipe une couleur distincte (sauf à l’équipe 5) et leur donner des post-it de la même couleur (on peut, pour plus de confort, remplacer les post-it par des porte-badges et y mettre des cartons colorés) : les participants devront porter sur eux les post-it ou les badges de manière à ce qu’on sache à quelle équipe ils appartiennent.

Mettre des chaises au centre de la salle : le nombre de chaises doit être égal au nombre de personnes par équipe (notamment les équipes 1, 2 et 3). Si par exemple les équipes sont composées de 4 personnes, il faudra 4 chaises.

Identifier dans l’espace du jeu, trois zones bien distinctes : idéalement trois pièces, ou deux pièces et un extérieur.

La zone la plus large est la zone 1 : elle sera l’espace principal de l’exercice.

La zone la moins large est la zone 2 : elle servira à la réalisation de l’une des missions.

La zone 3 (l’extérieur): elle servira de lieu de concertation pour les membres d’une même équipe.

Explication des règles

Il faut bien expliquer les règles, sans rentrer dans les détails et sans se faire piéger par les questions des participants. Cet exercice doit amener les participants à réfléchir et à tirer leurs propres conclusions. S’ils obtiennent des réponses à leurs questions de chez l’animateur, ça peut ruiner l’expérience.

Les règles sont simples et tout ce qui n’est pas interdit est autorisé :

  • On n’a pas le droit de parler (on peut par contre mimer, gesticuler, toucher…) ;
  • Il est strictement interdit de montrer le contenu de son enveloppe à une autre équipe ;
  • Les membres d’une même équipe ont le droit de parler uniquement dans la zone 3 et uniquement entre eux ;
  • Deux équipes ne peuvent pas occuper la zone 3 simultanément ;
  • L’usage de tout objet extérieur au jeu est interdit (certains joueurs auront par exemple l’idée d’écrire, ce n’est pas possible car aucun stylo/feutre n’est considéré comme accessoire du jeu) ;
  • Est considéré comme gagnante toute équipe qui, au terme du temps réglementaire du jeu, a accompli sa mission.

L’animateur du jeu peut mettre fin à l’exercice dans les deux cas suivants :

  • Toutes les équipes ont accompli leur mission ;
  • Un blocage général empêche la situation d’avancer.

Ecrire ces règles en clair sur un tableau blanc ou flipchart et les mettre dans un lieu où elles seront visibles à tous sur toute la durée du jeu.

Déterminer le temps du jeu et l’afficher (entre 10 et 20 minutes en fonction du nombre de participants et du temps consacré à l’exercice dans le programme global du team building).

Lancement du jeu

Une fois que les membres de chaque équipe ont leur enveloppe en main et les éléments du jeu mis en place (ne pas oublier de remettre les feuilles de papier à l’équipe 4), on donne le top et on lance le chrono. Le jeu peut commencer.

À partir de ce moment-là, l’animateur a une seule mission : veiller au respect des règles. Il doit garder en tête qu’il ne faut pas se faire piéger en répondant aux questions des participants. Ces derniers ont tous les éléments en main pour accomplir leurs missions et n’ont pas besoin de plus d’éclaircissement.

L’animateur peut également prendre note de ce qu’il observe afin d’en faire usage pour animer le débat qui suivra l’exercice.

Déroulement

À moins d’avoir dans le groupe des experts en communication, médiation et gestion de conflits, ou alors des personnes ayant déjà fait l’exercice ou des exercices similaires ; il va se passer ce qui suit :

  • Convaincus qu’elles sont en compétition, les équipes se mettront en position défensive et essayeront d’accomplir leurs missions respectives sans chercher à comprendre quelle est la mission des autres ;
  • L’équipe 1 sera la plus agressive. Convaincue que les autres équipes cherchent à nuire aux chaises (on veut s’asseoir dessus, les prendre, mettre des papiers, …) elle va être farouche et empêcher les autres équipes d’approcher les chaises. Comme elle est seule contre trois, elle deviendra de plus en plus agressive ; ses membres vont s’asseoir eux-mêmes sur les chaises et se braquer contre toute approche ;
  • L’équipe 3 tentera de déplacer les chaises même s’il y a des personnes assises dessus, ce qui risque d’introduire de la violence entre les participants ;
  • Les observateurs vont se contenter d’observer en rigolant et en souriant, convaincus que leur mission est la plus simple et qu’ils vont de toute façon gagner.

En fonction du temps et des profils des participants, la situation de blocage pourrait durer. À ce moment-là, l’animateur devra arrêter le jeu, ou alors, certains commenceront à entrevoir des possibilités de coopération. Il va alors se passer ce qui suit :

  • De plus en plus de va-et-vient vers la zone 3, notamment l’équipe 4 dont la mission peut se faire sans nuire à celle des autres ; ses membres vont essayer de négocier avec l’équipe qui est assise la pose des papiers.
  • Les observateurs pourraient prendre conscience qu’ils ont le droit de communiquer avec les autres équipes et pourraient leur faire comprendre qu’il y a une solution qui pourrait arranger tout le monde.
  • Les équipes commenceront alors à « négocier », en utilisant les mimes et le langage des signes.

En fonction de l’écoute collective et de la maîtrise de la communication non verbale, la situation peut se débloquer.

Quoi qu’il en soit, le jeu s’arrête lorsque le chronomètre arrive à terme. Ceci dit, si l’animateur constate que le groupe est sur le point de trouver la solution, il peut fermer les yeux sur le chronomètre et laisser les équipes finir le jeu. Il ne faut pas perdre de vue que c’est un team building, et qu’une équipe qui réussit à travailler en collaboration va avoir un sentiment positif de réussite qui est bénéfique pour les objectifs de cette démarche.

Le débriefe

Phase la plus importante de l’exercice ; il s’agit d’amener les participants à réaliser ce qui s’est passé et à en tirer des conclusions.

  • Question 1 : qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce que vous avez observé ?
  • Question 2 : est-ce qu’on peut révéler les missions ? Pensez-vous que toutes les équipes auraient pu gagner ? Pourquoi ça n’a pas eu lieu (ou pourquoi ça a pris tout ce temps ?) ?
  • Question 3 : qu’est-ce qu’on peut conclure ?
  • Question 4 : est-ce qu’on peut extrapoler à la vie réelle ? Si cet exercice est une métaphore, en réalité il nous renseigne sur quoi dans le monde de l’entreprise ?

Il s’agit d’animer le débat de manière à ce que le groupe arrive à une conclusion générale. On peut, au fur et à mesure que des enseignements majeurs émergent, les consigner au tableau :

  • Nous avons tendance à interpréter ;
  • Nous sommes tous membres d’une même grande équipe ;
  • Le manque de communication peut créer des conflits ;
  • On est tous concernés par les objectifs des autres…

En conclusion

Cet exercice peut être un excellent outil pour amener les membres d’un même organisme à faire une introspective sur la source des conflits internes. Il peut être un point de départ pour lancer une discussion sur les conflits inter-départements et sur l’importance de la communication fluide autour de la complémentarité des objectifs.

Il est important de bien le conduire et d’animer un débat de qualité, pour qu’il ne reste pas au stade « d’amusement » et qu’il soit un réel espace d’apprentissage.

Téléchargez la version complete de cette fiche sous format PDF, à fin de découvrir les variantes et les twists de l’exercice.

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